L’Open Data en 4 dimensions

Flyer OpenDataTours 20130405 - v5 extrait

Le 5 avril 2013 a eu lieu un après-midi sur l’Open Data à la Cantine Numérique de Tours.

Ce moment a été rendu possible grâce à l’implication citoyenne et bénévole des intervenants que nous remercions chaleureusement: Jacques Sauret, Simon Chignard, Paul-Andréa Large, Christophe Lefert, Jean-Louis Zimmerman.

Nous remercions de même l’association Palo Altours qui a hébergé l’événement au sein de la Cantine numérique, Pascal Cottereau pour le matériel vidéo, Vendomois.tv pour la mise en ligne des vidéos et la coopérative Artefacts pour son soutient financier.

C’est donc grâce à toutes ces bonnes dynamiques que vous pouvez visionner les vidéos de cet « Open Data en 4 dimensions » :

 

Open Data Tours, intervention de Jacques Sauret

Le 5 avril 2013 s’est déroulé l’Open Data Tours, un après-midi d’échanges sur l’Open Data animé par 4 intervenants. C’était au 1er étage de la pépinière d’entreprises du Sanitas, où s’installera tout bientôt la Cantine numérique portée par l’association Palo Altours. Et tout ça, au cœur de Tours, en Indre et Loire.

C’est Monsieur Jacques Sauret, fonctionnaire d’État et ancien directeur de l’ADAE (Agence pour le Développement de l’Administration Électronique) qui eut la primeur des échanges, pour nous retracer brièvement l’histoire des données publiques et nous présenter les enjeux et les opportunités de l’ouverture des données publiques (la vidéo est là).

Jacques Sauret nous explique avoir toujours défendu au cours de sa carrière au sein de l’État, le potentiel économique et démocratique de l’ouverture des données publiques, bien avant que le terme  »Open Data » ne soit sur la sellette. De même qu’il défend la gratuité d’accès aux données publiques, parce-que ce qui a été payé par le contribuable ne doit pas être repayé par l’usager. Il précise que les redevances pour l’accès aux données publiques sont un frein à l’innovation et à la créativité des petites structures qui n’auraient pas les moyens de s’en acquitter. Jacques poursuit sur la plus-value de la publication de données publiques géolocalisées ainsi que sur les bienfaits démocratiques de la publication de « ce qu’il se passe » au sein des administrations.

L’anonymisation des données n’est pas aussi simple qu’il y parait, les croisements de données rendent cette tâche plus ardue. La règle est, d’après une évaluation statistique, de ne diffuser publiquement que des données comptabilisant ou concernant au moins 5 individus.Cela s’est déjà avéré impossible sur certains jeux de données comptant, pourtant, plusieurs millions d’individus. Jacques nous a présenté quelques une de ses expériences et analyses sur les données de santé publique.

Les participants se sont interrogés sur les mauvais usages qui pourraient être fait des données publiques libérées. Jacques donne l’exemple des sites de captage et de fabrication de l’eau potable. De potentiels terroristes seraient-ils aidés ou incités à agir si ces sites étaient publiquement et facilement accessibles sur Internet ? Il semblerait que non, car une station de captage d’eau est de toute façon très bien signalée sur le terrain par de nombreux panneaux d’interdiction de pénétrer. De plus une action terroriste est pensée vers un lieu qui pourra être facilement repéré sur le terrain.

La libération des données publiques facilite-t-elle l’atteinte à la vie privée ? Pas forcément car, aujourd’hui, les organismes privés détiennent bien plus de connaissances sur chacun de nous que n’en détient la Fonction Publique.

L’intervention de Jacques Sauret en vidéo, vous pourrez ainsi profiter de son charisme et de toute la finesse de son argumentaire.

Les interventions suivantes de Simon Chignard, Paul-Andréa Large et Christophe Lefert, Jean-Louis Zimmermann arrivent elles aussi sur le Net, patience…

Le collectif OpenData37 remercie de tout coeur l’association Palo Altours pour le prêt de l’espace Cantine Numérique, Pascal Cottereau de Vendomois.TV pour la prise d’image et son ainsi que pour le montage et la diffusion. Et encore des myriades de chaleureux remerciements aux intervenants qui sont venus bénévolement nous éclairer sur les enjeux et potentiels de l’Open Data, du Crowd Sourcing et des bienfaits de la coopération de l’administration et de la société civile.

Dernière minute:

L’OpenData, un gain pour les territoires

Concernant l’Open Data ne nous focalisons pas que sur des retombées économiques à court terme. L’enjeu est un formidable levier de modernisation dans la façon de penser et de faire l’action publique, de façon plus ouverte, transversale, par adhésion et coopération, et son application réside, pour un territoire, à s’appliquer le modèle à lui-même, donc à se transformer.

Le premier client de l’open data, ce sont les territoires eux-mêmes ! L’Opendata peut être un puissant levier de performance, car il décloisonne et transversalise l’action par les données.

Comme le dit Pierre-Paul Penillard, directeur du projet Open data 71: « D’un côté, les collectivités ont une bien meilleure vue de leur données et peuvent mieux piloter leurs initiatives. Cette transparence permet également de nouer une relation de confiance avec le citoyen. »

Petit billet très totalement inspiré de celui d’Alexis Mon (Emakina.fr) sur lecercle.lesEchos.fr: Quand l’Opendata crée de nouvelles marques.

 

De l’Open Data au Bien Commun, une question de Licence ?

La démarche d’ouverture des données publiques (Open Data), qui s’inscrit dans une mission de service public, part du principe que ce que l’argent public a financé appartient à tous et est par là même un Bien d’Intérêt Général. Ce Bien d’Intérêt Général peut être d’avantage valorisé en le transformant en Bien Commun sous la condition qu’il soit accessible par le plus grand nombre.

Pour rendre effectif ce Bien Commun, la libération des données publiques doit être effectuée dans un cadre juridique défini au travers d’une licence de ré-utilisation de ces données.
Dans la pratique deux types de licences sont généralement utilisées:

La «Licence Ouverte» offre de ré-utiliser les données comme bon nous semble avec pour seule contrainte de citer la source des données ; tandis que la licence « ODbL » impose la contrainte supplémentaire de partager à l’identique les données récoltées et leurs enrichissements et de laisser leur accès ouverts à tous. En clair, la licence « ODbL » impose de reverser au Bien Commun son travail ce que n’impose pas la «Licence Ouverte».

Il est donc nécessaire de faire le choix en fonction de l’objectif prioritaire que l’on se fixe par rapport aux trois enjeux de l’Open Data: « démocratique, social et économique ».

En tout cas, la réflexion est relancée ce matin par la publication « on-line » de la présentation « Open data et bibliothèques sous le signe des biens communs de la connaissance » de Silvère Mercier (@Slivae, bibliobsession.net).

On retrouvera sur le Net d’autres réflexions sur les licences pour l’Open Data:

J’en profite pour vous glisser un lien vers l’« Extension des biens communs informationnels ».

Sur le coût d’une plateforme Open Data

Quand on interpelle les administrations pour leur demander de libérer leurs données, une réponse assez classique est qu’elles n’ont ni le temps ni les moyens en regard de leur charge de travail et des moyens financiers s’appauvrissant de s’atteler à un tel projet.

C’est vrai qu’au regard des budgets alloués pour mettre en œuvre certaines initiatives d’ouverture des données, la démarche laisse à réfléchir avant de franchir le pas. Mais avons-nous bien observé toutes les initiatives ? Deux me viennent en exemple pour démontrer que la libération des données publiques n’est pas coûteuse du tout.

Je pense à la Ville du Mans et au Conseil Général du Loir-et-Cher. C’est deux entités territoriales ont simplement réutilisées le site web qu’elles possédaient et qu’elles animaient depuis longtemps. Car en fait, libérer les données publiques ce n’est que mettre à disposition des fichiers avec quelques données associées (date de valeur, fréquence d’actualisation, responsable publication, méthodologie de récolte…). Il est donc aisé de créer quelques pages sur le portail de l’administration, de l’agence territoriale ou de l’opérateur de délégation de service publique.

Dans un tel cadre, l’Open Data consiste donc à ouvrir le chantier en initiant les agents administratifs à la démarche, pour ensuite désigner des responsables de données qui n’auront plus qu’à utiliser 30 minutes de leur temps chaque semaine ou chaque mois ou chaque année pour la publication des données.

Le cadre juridique est défini par la loi depuis de nombreuses années, les données à ne pas publier le sont aussi. Et pour les questions restantes il y a toute l’expérience acquise par les institutions ayant déjà ouvert leurs données publiques, sans parler des citoyens impliqués dans l’Open Data qui ne cessent de proposer leur assistance bénévolement.

Est-ce que toutes les démarches de libération doivent lancer un concours d’applications avec des lots financiers pour les gagnants afin d’animer la ré-utilisation des données ? Que nenni ! Une des injonctions fréquemment clamée par les ré-utilisateurs de données publiques est qu’ils ont besoin des données de tous les territoires et de toutes les institutions pour que la démarche soit : rentable pour les entreprises, pertinente pour les citoyens et associations.