L’OpenData, un gain pour les territoires

Concernant l’Open Data ne nous focalisons pas que sur des retombées économiques à court terme. L’enjeu est un formidable levier de modernisation dans la façon de penser et de faire l’action publique, de façon plus ouverte, transversale, par adhésion et coopération, et son application réside, pour un territoire, à s’appliquer le modèle à lui-même, donc à se transformer.

Le premier client de l’open data, ce sont les territoires eux-mêmes ! L’Opendata peut être un puissant levier de performance, car il décloisonne et transversalise l’action par les données.

Comme le dit Pierre-Paul Penillard, directeur du projet Open data 71: « D’un côté, les collectivités ont une bien meilleure vue de leur données et peuvent mieux piloter leurs initiatives. Cette transparence permet également de nouer une relation de confiance avec le citoyen. »

Petit billet très totalement inspiré de celui d’Alexis Mon (Emakina.fr) sur lecercle.lesEchos.fr: Quand l’Opendata crée de nouvelles marques.

 

De l’Open Data au Bien Commun, une question de Licence ?

La démarche d’ouverture des données publiques (Open Data), qui s’inscrit dans une mission de service public, part du principe que ce que l’argent public a financé appartient à tous et est par là même un Bien d’Intérêt Général. Ce Bien d’Intérêt Général peut être d’avantage valorisé en le transformant en Bien Commun sous la condition qu’il soit accessible par le plus grand nombre.

Pour rendre effectif ce Bien Commun, la libération des données publiques doit être effectuée dans un cadre juridique défini au travers d’une licence de ré-utilisation de ces données.
Dans la pratique deux types de licences sont généralement utilisées:

La «Licence Ouverte» offre de ré-utiliser les données comme bon nous semble avec pour seule contrainte de citer la source des données ; tandis que la licence « ODbL » impose la contrainte supplémentaire de partager à l’identique les données récoltées et leurs enrichissements et de laisser leur accès ouverts à tous. En clair, la licence « ODbL » impose de reverser au Bien Commun son travail ce que n’impose pas la «Licence Ouverte».

Je ne pense pas que l’une des deux licences soit mieux que l’autre, mais qu’il est nécessaire de faire le choix en fonction du sujet des données et de l’objectif prioritaire que l’on se fixe par rapport aux trois enjeux de l’Open Data: « démocratique, social et économique ».

En tout cas, la réflexion est relancée ce matin par la publication « on-line » de la présentation « Open data et bibliothèques sous le signe des biens communs de la connaissance » de Silvère Mercier (@Slivae, bibliobsession.net).

On retrouvera sur le Net d’autres réflexions sur les licences pour l’Open Data:

J’en profite pour vous glisser un lien vers l’« Extension des biens communs informationnels ».

Sur le coût d’une plateforme Open Data

Quand on interpelle les administrations pour leur demander de libérer leurs données, une réponse assez classique est qu’elles n’ont ni le temps ni les moyens en regard de leur charge de travail et des moyens financiers s’appauvrissant de s’atteler à un tel projet.

C’est vrai qu’au regard des budgets alloués pour mettre en œuvre certaines initiatives d’ouverture des données, la démarche laisse à réfléchir avant de franchir le pas. Mais avons-nous bien observé toutes les initiatives ? Deux me viennent en exemple pour démontrer que la libération des données publiques n’est pas coûteuse du tout.

Je pense à la Ville du Mans et au Conseil Général du Loir-et-Cher. C’est deux entités territoriales ont simplement réutilisées le site web qu’elles possédaient et qu’elles animaient depuis longtemps. Car en fait, libérer les données publiques ce n’est que mettre à disposition des fichiers avec quelques données associées (date de valeur, fréquence d’actualisation, responsable publication, méthodologie de récolte…). Il est donc aisé de créer quelques pages sur le portail de l’administration, de l’agence territoriale ou de l’opérateur de délégation de service publique.

Dans un tel cadre, l’Open Data consiste donc à ouvrir le chantier en initiant les agents administratifs à la démarche, pour ensuite désigner des responsables de données qui n’auront plus qu’à utiliser 30 minutes de leur temps chaque semaine ou chaque mois ou chaque année pour la publication des données.

Le cadre juridique est défini par la loi depuis de nombreuses années, les données à ne pas publier le sont aussi. Et pour les questions restantes il y a toute l’expérience acquise par les institutions ayant déjà ouvert leurs données publiques, sans parler des citoyens impliqués dans l’Open Data qui ne cessent de proposer leur assistance bénévolement.

Est-ce que toutes les démarches de libération doivent lancer un concours d’applications avec des lots financiers pour les gagnants afin d’animer la ré-utilisation des données ? Que nenni ! Une des injonctions fréquemment clamée par les ré-utilisateurs de données publiques est qu’ils ont besoin des données de tous les territoires et de toutes les institutions pour que la démarche soit : rentable pour les entreprises, pertinente pour les citoyens et associations.

 

Sur les applications du concours Open Data 71

Alors qu’il vous reste quelques jours pour voter pour le concours Open data 71 (fermeture du vote le 31 mars au soir), nous nous sommes penchés sur les 14 applications. Dans ce billet nous apporterons quelques remarques sans reprendre les descriptifs des 14 applications qui sont très complets sur le site du concours. A noter que nous n’avons pas accès à toutes les technologies nécessaires pour faire tourner les applications, nous ne pourrons donc pas être équitables dans notre comparatif.

Nous aurons certainement manqué des observations, mais voici ce que nous avons ressenti:

Les applications peuvent être classées dans les catégories données géographiques, données historiques, visualisation graphique de données, transport et des inclassables. Les données géographiques sont encore une fois le sujet le plus présent avec 7 applications, avec heureusement pour certaines la mise en avant d’informations touristiques. Par contre, concernant les transports, cette fois à la différence des autres concours 1 seule application représente cette catégorie. Les 3 applications exploitent les données historiques en présentant les cartes postales anciennes numérisées par le département.

Données géographiques:

  • Balades vertes 71 (app n°1): non consultée car nous n’avons pas d’appareil fonctionnant avec le système Windows Phone.
  • EZ. Restaurants, EZ. Hébergements, EZ. Loisirs (app n°2): Le descriptif sur le site du concours est suffisant. Le seul regret est de ne pas avoir une version Web.
  • 71 onLine (app n°5): L’entrée dans l’application par nom de commune ou code postal ne nous parait pas pertinent pour une découverte. L’accès Web est restreint par l’interface normalement dédiée au Smartphone.
  • Quaternum (app n°6): Ha ba là, bluffé ! Très belle réussite d’intégration graphique des données et cette application est vraiment un outil touristique adapté au grand public. Elle nous propose de préparer notre passage ou séjour dans la région dans un genre de carnet de voyage orienté sur nos loisirs et passions. On met ses sélections dans un panier et à la consultation de celui-ci les informations complémentaires (hébergement…) sont automatiquement affichées sur la carte. Si nous pouvions leurs donner un conseil: ajouter un onglet restauration, à la manière de l’onglet hébergement, et nous aurions une application incontournable.
  • Tour-e-stique (app n°11): Jolie mais complexe: par manque d’une liaison intelligente entre les données, cette application ne peut-être un outil touristique grand public. C’est dommage qu’elle se limite à des points sur une carte.
  • Tourisme 71 (app n°12): Windows Phone, dommage (pour nous ?).
  • Vie locale (app n°14): un vrai accès à une base de données comme on n’en avait plus vu depuis le PET CBM. A prendre avec humour ;-) , car les auteurs ont travaillé et nous les aimons ! Et de quoi se mêle-t-on nous n’avons rien présenté au concours, d’abord.

Données historiques:

  • Ma Saône-et-Loire en cartes postales (app n°4): Sans matériel Androïd, nous avons juste consulté la vidéo comme vous pouvez le faire sur le site de l’application. Cet accès aux photos historiques du département de Saône-et-Loire semble bien complet pour une découverte facilitée.
  • 71 onLine (app n°5): on retrouve cette application dans les données historiques car elle présente en plus des données géographiques les photos anciennes du département.
  • Souvenirs 71 (app n°9): Ressemble à l’application « Ma Saône-et-Loire en cartes postales » mais en application Web et sans les différents critères d’accès aux photos.

Visualisation graphique de données:

  •  Open view / QlikView (app n°7): Semble un bon visualiseur générique de données, sans effet graphique particulier, qui fait bien gagner du temps par rapport à un tableur. A noter qu’il affiche des historiques par commune mais qu’il ne permet pas la comparaison entre plusieurs communes. A voir avec l’ambition des auteurs, mais il pourrait s’agir d’un outil à destination de l’exécutif territorial. Peut-être aussi une plate-forme d’hébergement de données ouvertes (DataCatalog).
  • Tour-e-stique (app n°11): Seconde citation, cette fois dans la visualisation de données car il nous semble bien être question de visualisation de données géographiques sans apport autre que technique.
  • Transparence 71 (app n°13): Simple application pour mobile Windows Phone qui présente des fiches financières par commune qui peut-être bien pratique pour retrouver une information spécifique quand et d’où on le souhaite. Nous n’y voyons pas d’apport pour la transparence, les données étant déjà librement accessibles et visualisables sur le site http://opendata71.fr.

Transport:

  • Rengo (app n°8): L’application transports de ce concours, une nouvelle récidive de Benoit Deldicque spécialiste des applications mobiles pour le transport en commun. Ses réalisations sont accessibles sur http://Rengo.fr.

Inclassables:

  • Home’n’go (app n°3): Faut-il encore présenter cette application ? Si vous ne la connaissez pas, vous pouvez la découvrir sur sur le site du concours.
  • Striim (app n°10): Application Web pour organiser les sorties entre amis en facilitant le choix des lieux et du partage des informations de la sortie. Nous n’avons probablement pas saisi la pertinence de cette application, au risque de nous faire taper sur les doigts par les aficionados…

Au regard des autres applications réalisées pour les concours des autres villes ou départements ayant ouverts leurs données publiques, nous notons:

  • L’absence de descriptif de la végétation, nombres et variétés, ce que nous ne leur reprocherons pas. ;-)
  • une seule application concernant les transports alors qu’il y en avait 6 pour la ville de Rennes.
  • La montée de concepts « nationaux » comme Home’n'go et Striim.
  • Les 2 applications nous ayant séduits sont OpenView parce qu’il permet de lire les données budgétaires du territoire et Quanternum pour sa superbe réalisation tant graphique que fonctionnelle.

 

Rendez-vous Open Data Touraine, 27 mars

Ce soir 27 mars 2012 à 21h rendez-vous pour parler de l’Open Data en Touraine à la brasserie de l’Univers place Jean-Jaurès à Tours. Ce sera l’occasion d’échanger nos idées et aussi de définir les prochaines actions.

Plan: http://osm.org/?mlat=47.389627&mlon=0.689563&zoom=18&layers=M