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De l’Open Data au Bien Commun, une question de Licence ?

La démarche d’ouverture des données publiques (Open Data), qui s’inscrit dans une mission de service public, part du principe que ce que l’argent public a financé appartient à tous et est par là même un Bien d’Intérêt Général. Ce Bien d’Intérêt Général peut être d’avantage valorisé en le transformant en Bien Commun sous la condition qu’il soit accessible par le plus grand nombre.

Pour rendre effectif ce Bien Commun, la libération des données publiques doit être effectuée dans un cadre juridique défini au travers d’une licence de ré-utilisation de ces données.
Dans la pratique deux types de licences sont généralement utilisées:

La «Licence Ouverte» offre de ré-utiliser les données comme bon nous semble avec pour seule contrainte de citer la source des données ; tandis que la licence « ODbL » impose la contrainte supplémentaire de partager à l’identique les données récoltées et leurs enrichissements et de laisser leur accès ouverts à tous. En clair, la licence « ODbL » impose de reverser au Bien Commun son travail ce que n’impose pas la «Licence Ouverte».

Il est donc nécessaire de faire le choix en fonction de l’objectif prioritaire que l’on se fixe par rapport aux trois enjeux de l’Open Data: « démocratique, social et économique ».

En tout cas, la réflexion est relancée ce matin par la publication « on-line » de la présentation « Open data et bibliothèques sous le signe des biens communs de la connaissance » de Silvère Mercier (@Slivae, bibliobsession.net).

On retrouvera sur le Net d’autres réflexions sur les licences pour l’Open Data:

J’en profite pour vous glisser un lien vers l’« Extension des biens communs informationnels ».

Sur le coût d’une plateforme Open Data

Quand on interpelle les administrations pour leur demander de libérer leurs données, une réponse assez classique est qu’elles n’ont ni le temps ni les moyens en regard de leur charge de travail et des moyens financiers s’appauvrissant de s’atteler à un tel projet.

C’est vrai qu’au regard des budgets alloués pour mettre en œuvre certaines initiatives d’ouverture des données, la démarche laisse à réfléchir avant de franchir le pas. Mais avons-nous bien observé toutes les initiatives ? Deux me viennent en exemple pour démontrer que la libération des données publiques n’est pas coûteuse du tout.

Je pense à la Ville du Mans et au Conseil Général du Loir-et-Cher. C’est deux entités territoriales ont simplement réutilisées le site web qu’elles possédaient et qu’elles animaient depuis longtemps. Car en fait, libérer les données publiques ce n’est que mettre à disposition des fichiers avec quelques données associées (date de valeur, fréquence d’actualisation, responsable publication, méthodologie de récolte…). Il est donc aisé de créer quelques pages sur le portail de l’administration, de l’agence territoriale ou de l’opérateur de délégation de service publique.

Dans un tel cadre, l’Open Data consiste donc à ouvrir le chantier en initiant les agents administratifs à la démarche, pour ensuite désigner des responsables de données qui n’auront plus qu’à utiliser 30 minutes de leur temps chaque semaine ou chaque mois ou chaque année pour la publication des données.

Le cadre juridique est défini par la loi depuis de nombreuses années, les données à ne pas publier le sont aussi. Et pour les questions restantes il y a toute l’expérience acquise par les institutions ayant déjà ouvert leurs données publiques, sans parler des citoyens impliqués dans l’Open Data qui ne cessent de proposer leur assistance bénévolement.

Est-ce que toutes les démarches de libération doivent lancer un concours d’applications avec des lots financiers pour les gagnants afin d’animer la ré-utilisation des données ? Que nenni ! Une des injonctions fréquemment clamée par les ré-utilisateurs de données publiques est qu’ils ont besoin des données de tous les territoires et de toutes les institutions pour que la démarche soit : rentable pour les entreprises, pertinente pour les citoyens et associations.