Quand on interpelle les administrations pour leur demander de libérer leurs données, une réponse assez classique est qu’elles n’ont ni le temps ni les moyens en regard de leur charge de travail et des moyens financiers s’appauvrissant de s’atteler à un tel projet.
C’est vrai qu’au regard des budgets alloués pour mettre en œuvre certaines initiatives d’ouverture des données, la démarche laisse à réfléchir avant de franchir le pas. Mais avons-nous bien observé toutes les initiatives ? Deux me viennent en exemple pour démontrer que la libération des données publiques n’est pas coûteuse du tout.
Je pense à la Ville du Mans et au Conseil Général du Loir-et-Cher. C’est deux entités territoriales ont simplement réutilisées le site web qu’elles possédaient et qu’elles animaient depuis longtemps. Car en fait, libérer les données publiques ce n’est que mettre à disposition des fichiers avec quelques données associées (date de valeur, fréquence d’actualisation, responsable publication, méthodologie de récolte…). Il est donc aisé de créer quelques pages sur le portail de l’administration, de l’agence territoriale ou de l’opérateur de délégation de service publique.
Dans un tel cadre, l’Open Data consiste donc à ouvrir le chantier en initiant les agents administratifs à la démarche, pour ensuite désigner des responsables de données qui n’auront plus qu’à utiliser 30 minutes de leur temps chaque semaine ou chaque mois ou chaque année pour la publication des données.
Le cadre juridique est défini par la loi depuis de nombreuses années, les données à ne pas publier le sont aussi. Et pour les questions restantes il y a toute l’expérience acquise par les institutions ayant déjà ouvert leurs données publiques, sans parler des citoyens impliqués dans l’Open Data qui ne cessent de proposer leur assistance bénévolement.
Est-ce que toutes les démarches de libération doivent lancer un concours d’applications avec des lots financiers pour les gagnants afin d’animer la ré-utilisation des données ? Que nenni ! Une des injonctions fréquemment clamée par les ré-utilisateurs de données publiques est qu’ils ont besoin des données de tous les territoires et de toutes les institutions pour que la démarche soit : rentable pour les entreprises, pertinente pour les citoyens et associations.
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